SURVEILLER ET PUNIR = Vigilar y Castigar – Michel FOUCAULT

por pessoaficionado

Vigilar y castigar. Nacimiento de la prisión (en francés, Surveiller et Punir: Naissance de la prison) es un libro del filósofo y sociólogo francés Michel Foucault, publicado originalmente en 1975. Es un examen de los mecanismos sociales y teóricos que hay detrás de los cambios masivos que se produjeron en los sistemas penales occidentales durante la era moderna.
Según Foucault, desde la Edad Media el suplicio era un riguroso modelo de demostración penal, cuyo objetivo era el de manifestar la verdad que se había obtenido gracias al resto del proceso penal, y que hacía del culpable el pregonero de su propia condena al llevar el castigo físicamente sobre su propio cuerpo (paseo por las calles, cartel, lectura de la sentencia en los cruces…). Además, el suplicio también consistía en un ritual político, ya que en el derecho de la edad clásica el crimen suponía sobre todo un ataque al soberano, que era aquel del que emanaba la ley. Por tanto, la pena no sólo debía reparar el daño que se había cometido, sino que suponía también una venganza a la afrenta que se había hecho al rey.
Vigilar Y castigar pertenece al género de la filosofía, y al subgénero de la criminología.
Es un ensayo sobre la evolución de los métodos de castigo y vigilancia desde la sociedad medieval a la contemporánea : los suplicios, la humillación pública, la cárcel, la escuela , los manicomios….
Foulcault inaugura una mirada genealógica de los procesos históricos desde el análisis de los castigos como expresión del poder .
El autor estudia la materialidad del poder desde sus extremidades “ se trata en cierto modo de una microfísica del poder que los aparatos e instituciones ponen en juego”
Busca intentar demostrar como las relaciones de poder pueden penetrar materialmente en el espesor mismo de los cuerpos.

I- L’AUTEUR

Michel Foucault (1926-1984), philosophe français incontournable, reçu à l’Ecole Normale Supérieure en 1946, puis agrégé de philosophie en 1951, fut tour à tour enseignant à l’Université de Lille, Clermont Ferrand, Tunis ou Berkeley. Directeur du département de philosophie à l’Université expérimentale de Vincennes, il sera ensuite élu au collège de France en 1970, où il enseignera jusqu’à la fin de sa vie. Personnage engagé et militant, il est connu pour ses prises de positions et ses critiques des institutions. Sa philosophie, souvent associée au mouvement structuraliste, s’intéresse aux relations de pouvoir sous toutes ses formes, qui s’exercent sur les gens. Ses thèmes sont la folie, la médecine, la prison, la sexualité, l’éthique ou encore les sciences de l’homme. Ses ouvrages s’inscrivent toujours dans un champ historique fort.

II- LE CONTEXTE

« Surveiller et punir » paru en 1975 a été écrit à un moment où l’actualité carcérale était très intense : nombreuses révoltes dans les prisons notamment la sanglante révolte d’Attica qui fit 40 morts, mais aussi des tentatives d’évasion de prisonniers se soldant parfois par une exécution, sans parler des événements de mai 1968. D’ailleurs, sur le plan législatif, alors qu’il n’existait pour principales peines que celles de l’amende et de la prison, c’est aussi l’époque où le législateur engagea un mouvement d’humanisation et de mise en place de peines de substitution à la prison. L’ouvrage correspond aussi à une période de fort militantisme de l’auteur. Ainsi il créa en 1970 le GIP : groupement d’information sur les prisons, qui par la réalisation d’enquêtes sur les conditions de vie dans les prisons, permettait aux prisonniers de s’exprimer en narrant leur quotidien, mais surtout de faire prendre conscience à l’opinion publique des conditions terribles de détention. Le GIP sera déterminant dans l’écriture de l’ouvrage.

III- L’OUVRAGE

Dans « surveiller et punir », M. Foucault retrace l’histoire du châtiment – du supplice à la prison- il nous montre combien cette évolution n’est pas due à une humanisation des peines mais à un changement dans le mode d’exercice du pouvoir. Car dans la peine, il est question de la manière dont l’individu (le corps) est investi par les rapports de pouvoir. Ce que M. Foucault appellera la microphysique du pouvoir. La peine n’est alors avant tout qu’un élément de tactique politique, et la transformation des méthodes punitives au cours du temps n’est en réalité qu’une transformation des techniques de pouvoir sur les individus.

L’ouvrage démarre par un constat historique : la disparition des supplices. D’abord par la disparition de la cérémonie punitive (phase d’application de la peine) qui devient une procédure cachée de tous. Ensuite une peine qui n’est plus une souffrance physique infligée au corps du condamné (supplice) mais une souffrance morale infligée à l’âme (privation de liberté). Alors évolution des mœurs ? Pas vraiment, mais mise en place d’une nouvelle technique de pouvoir : le pouvoir disciplinaire et mise en œuvre par ses institutions : les institutions disciplinaires. L’auteur nous trace alors cette évolution qui aboutit à la naissance de la prison, institution inefficace et inutile.

Tout commence par le supplice, peine si terrible et atroce, pourtant justifiée en ce qu’elle avait pour fonction, par la cérémonie publique qui l’accompagnait, d’attester de la vérité du crime commis (rappel de sentence publique, exécution à l’endroit du crime). Mais elle avait aussi pour objectif de montrer au peuple toute la supériorité du pouvoir souverain lorsqu’on bafoue la loi qu’il a édictée, espérant ainsi dissuader et contrôler par la peur.

Seulement, le paysage économique et politique change : la monarchie disparaît au profit d’une montée en puissance de la bourgeoisie. Corrélativement la démographie augmente, le commerce se développe et les technologies progressent. S’instaure un nouveau rapport à la richesse qui place la propriété et les biens au premier rang. La criminalité change, elle passe de masse sur les personnes à celle de marge sur les biens. Le supplice devient de moins en moins accepté par le peuple qui se révolte et héroïse le condamné. Il devient donc nécessaire d’instaurer un nouveau pouvoir de punir.

L’idée des Lumières était pourtant louable : instituer une punition juste assez forte en représentation pour dissuader, mais pas trop pour éviter une souffrance. Cela supposait entre autres des peines individualisées et variées. Cependant c’est la détention qui est devenue la forme essentielle du châtiment.

Car derrière une apparente humanité, c’est pour une toute autre nécessité beaucoup moins avouable qu’on assiste à une transformation des méthodes punitives. En effet, face à ces changements économiques et politiques, le travail comme producteur de richesse devient vital. Or ce travail passe par l’exploitation de la population. Si cette population se révolte ou provoque des désordres, c’est cette richesse et ses propriétaires qui sont mis à mal. Conséquence, il est nécessaire de surveiller, contrôler voir redresser cette population pour protéger la richesse investie, mais aussi pour utiliser les individus afin d’augmenter toujours plus leur productivité.

C’est ainsi que se développera un nouveau type d’exercice du pouvoir, celui du pouvoir disciplinaire, qui se diffusera dans toutes les structures de la société : l’école, l’usine, l’armée en passant par les hôpitaux et pour finir la prison. Les moyens en seront partout les mêmes : quadrillage et répartition des individus à des places déterminées, selon un niveau ; contrôle de l’activité des individus par des emplois du temps précis, des gestes détaillés ; surveillance constante et hiérarchisée avec au sein de chaque institution des mini mécanismes de sanction composés de punitions essentiellement correctives. L’institution disciplinaire dans sa forme la plus élaborée se traduira par une architecture spécifique : le Panoptique. Bâtiment de forme circulaire, doté d’une tour en son centre permettant de surveiller les individus à tout moment, il deviendra l’architecture privilégiée de la prison.
Ces institutions disciplinaires sont aussi d’immenses champs d’observation des individus. Ce sont des machines à faire des expériences, à modifier le comportement, le pouvoir se combinant alors avec le savoir. C’est ainsi que se construisirent les sciences humaines.

Bien sûr la prison n’échappera pas à ce pouvoir disciplinaire avec toujours ces mêmes objectifs de contrôle, normalisation (ou resocialisation) et d’utilisation des prisonniers, qui en feront une institution complète. C’est ainsi que se développeront trois schémas dans la prison, chacun contribuant à ces objectifs. Celui politico-moral de l’isolement qui va permettre le contrôle mais aussi le redressement par la réflexion individuelle. Le schéma économique du travail obligatoire qui sera agent de transformation, mais aussi d’utilisation de l’individu. Enfin, le schéma technico-médical de la guérison qui va permettre d’ajuster la peine au degré de normalisation nécessaire au détenu.
Sans oublier que la prison est aussi, comme les autres institutions, un lieu d’observation et d’expérience sur l’individu qui formera d’ailleurs la criminologie, forme « d’ethnologie des civilisations de malfaiteurs ».

Ainsi, on ne jugera plus mais on appréciera, diagnostiquera car juger est une honte. De même, le pouvoir de punir ne sera plus celui de châtier mais il sera celui de redresser l’individu jusqu’à un degré de normalisation prédéfini par le pouvoir en fonction de ses intérêts. Le pouvoir de punir devient un système de graduation lente qui passe de l’écart à l’anomalie.

Si maintenant on comprend l’origine de la prison, force est de constater que celle-ci est un échec. Pourquoi ? Parce que la prison ne supprime pas les délinquances mais les différencie. C’est à dire que la prison va spécifier une délinquance parmi d’autres en la séparant, l’enfermant et la rendant contrôlable et utile à une autre forme de criminalité.

D’abord cette délinquance sera maintenue par le pouvoir à un certain niveau de criminalité car, accablée par la pression constante des contrôles policiers et réduite à des conditions précaires d’existence, elle ne pourra donc se rabattre que sur une petite criminalité occasionnelle, évitant ainsi qu’elle ne s’organise et ne dérive vers une forme de délinquance plus dangereuse. De même, le pouvoir s’efforcera de séparer nettement la population de cette délinquance en la montrant comme abusivement dangereuse pour tous, relatant constamment des faits divers horribles dans les médias, mais aussi en confondant les délits de droit commun et les lourdes infractions. Toutes ces tactiques de confusion vont permettre non seulement d’entretenir l’hostilité des milieux populaires contre cette catégorie de délinquance, mais en plus rendra le pouvoir de punir et le durcissement de la politique de répression acceptable.

Ensuite, cette délinquance des pauvres va être utile à la délinquance de la classe dominante. Utilisation politique en premier lieu, sous la forme de mouchards ou d’indicateurs, mais surtout elle va être la main d’œuvre et le complice de la criminalité des plus riches située en haut de la pyramide et donc devenue invisible.

C’est ainsi que la prison, malgré son échec est une institution qui sera partout reconduite, car elle est enfermée dans de solides dispositifs de stratégies de pouvoir.
http://www.droit.univ-nantes.fr/m2dp/upload/word/Surveiller_punir.doc

http://www.uruguaypiensa.org.uy/noticia_70_1.html

Le corps incarcéré – Webdocumentaire Le Monde
http://www.lemonde.fr/societe/visuel/2009/06/22/le-corps-incarcere_1209087_3224.html