Wolinski, 50 ans de dessins

por pessoaficionado

du 28 juin 2012 au 2 septembre 2012 François-Mitterrand / Galerie François Ier

Dans le cadre des Estivales, la Bibliothèque nationale de France présente plus de 500 dessins originaux de Georges Wolinski choisis parmi sa collection entrée récemment à la BnF, grâce à un don généreux de l’auteur. Georges Wolinski a dessiné pour plus de 40 journaux, produit une centaine d’albums, réalisé publicités et affiches, pièces de théâtre, films, et sketchs télévisés. Rien n’aura échappé au regard et à l’ouïe de cet observateur amusé, marqué par une forte empreinte surréaliste et totalement décomplexé.

En octobre 2011, Georges Wolinski a déposé son fonds d’atelier à la Bibliothèque nationale de France : plus de 100 cartons à dessins, des rouleaux d’affiches, des carnets de croquis, des dessins encadrés, des albums, soit au total plus de 10 000 dessins originaux. Fin mars 2012, il décide de faire don à la Bibliothèque de 1200 dessins issus de ce fonds. Une rétrospective inédite de plusieurs centaines de pièces de cette collection sera présentée tout l’été à la BnF.
Bruno Racine, président de la BnF, se réjouit de l’entrée des dessins de Georges Wolinski à la Bibliothèque : « L’exposition d’un éventail varié de son travail sera l’occasion de parcourir la carrière d’un artiste tout à la fois observateur amusé du monde et réputé pour son humour tendre et provocateur. »
Curieux de tout et heureux de se frotter à de nouvelles expériences, Georges Wolinski a multiplié son champ d’activité : il a dessiné dans plus de 40 journaux comme Hara-Kiri, La Gueule, réalisé une centaine d’albums, des affiches publicitaires et de spectacle, des illustrations de livres ; il est aussi l’auteur de textes à caractère biographique et philosophique, de scénarios de pièces de théâtre, films et sketchs télévisés, de romansphotos.
La collection présentée correspond à cinquante ans de travail intense d’un artiste qui a commencé à dessiner dans Hara Kiri en 1961 et continue aujourd’hui à produire des dessins hebdomadaires pour Charlie Hebdo, Paris Match et le Journal du dimanche. Cet ensemble met en lumière la personnalité complexe d’un homme, né à Tunis en 1934,
qui a puisé dans son regard enfantin et rêveur posé sur le monde insolite des adultes, la matière d’un monde imaginaire original. Un univers d’émotions bouleversantes et de passions romantiques nourri de romans d’actions et de BD et de la contemplation au cinéma des troublantes actrices américaines. Ses débuts de dessinateur ont été marqués par un goût pour l’absurde et l’étrange, propre à l’esprit surréaliste, et par l’oeuvre d’Albert Dubout.
Sa rencontre avec les turbulents créateurs des années 1960, Cavanna, Delfeil de Ton, Reiser, Copi, Siné, sa traversée des événements de Mai 68 suivis de l’explosion d’une société assoiffée de liberté, ont donné au jeune Wolinski une impulsion décisive : son dessin, brusquement épuré, a mis au jour avec audace et humour, des fantasmes sexuels très masculins, mais aussi des personnages bavards qui s’embourbent dans des pensées vagabondes … jusqu’au non sens : succès du Roi des cons, série des Monsieur, des Mon OEil…
Cependant, il ne faut pas s’y tromper : si Wolinski use de son talent de dessinateur et de narrateur pour faire rire et provoquer, il s’interroge aussi sur le monde et y promène le regard distancié du moraliste, plus étonné par la psychologie humaine que par les évènements politiques et sociétaux.

L’exposition, déclinée en onze parties thématiques, permettra au public de découvrir, pour la première fois, tous les aspects de l’oeuvre d’une personnalité déroutante, habituée à relever des défis, attentive à la sensibilité de ses contemporains et jouant de toutes les contradictions : dessins de jeunesse non publiés, dessins de presse, études et croquis, illustrations de livres, scénarios, affiches publicitaires et de spectacle, produits dérivés.
Ce sera aussi l’occasion pour chacun de s’interroger sur cette forme d’esprit particulier qu’est l’humour, arme essentielle et redoutable dont les esprits inventifs et malicieux usent pour créer des pirouettes du sens et provoquer la surprise, là où l’on se croyait en terrain connu, stable, évident.
Wolinski, en maniant l’humour, raconte des histoires et jubile de jouer avec les transgressions ; il y perçoit, non sans désarroi et une certaine naïveté, quelque chose de fugitif, d’incompréhensible, de mystérieux.
En avril 1978, il écrivait dans L’Humanité : « Il n’y a pas d’humour juif, noir, irlandais, tchèque, arabe. Il n’y a pas trente-six humours, il n’y a que l’humour. L’humour comme le feu, l’eau, l’air, l’or, a toujours la même composition… Les humoristes n’ont qu’une seule pensée, une seule idée, c’est « je ne suis rien et j’ai peur”.

Audio “l’Atelier de Wolinski” – France Inter 09-06-2012

http://prod.franceinter.fr/emission-l-atelier-l-atelier-de-georges-wolinski